Chapitre 3 : L’esprit chevaleresque empreinte différentes formes

, par  Emmanuel

Résumé du chapitre 3 :

Shi Jin le Dragon Bleu et ses trois amis brigands Zhu Wu, Yang Chun et Chen Da sortent victorieux face aux troupes de la préfecture. Le choix stratégique d’incendier le manoir permit de détourner l’attention et la position des soldats. Une sortie des quatre hommes, armés de baudelaires et de leur petite troupe par la porte principale de la propriété put être ainsi envisagée. Une partie des assaillants périt sous les armes de nos héros. Dès lors le manoir ayant été ravagé par les flammes, Shi Jin décide de suivre ses trois amis dans leur repaire du Petit Mont Fleuri. Shi Jin y séjourne quelques temps avant de prendre la route à la recherche de Wang Jin son maître d’armes. Il s’arrête à Wei-Zhou, ville présentant une garnison susceptible d’avoir accueillie son maître.
Dans une maison de thé Shi Jin rencontre Lu Da un contrôleur frontalier expert comme lui en arts chevaleresques. Shi Jin l’interroge sur la présence possible de son maître en ville mais Lu Da lui répond qu’il serait plutôt à Yan An Fu. Sur l’invitation de Lu Da à aller dans une taverne voisine vider quelques coupes, les deux hommes déambulent en ville. Dans une rue ils assistent à un spectacle de bâton de combat, Shi Jin reconnaît alors son premier maître d’armes Li Zhong le Tueur de Tigre. Invité à les rejoindre, ils se retrouvent ensemble attablés à se raconter des histoires de bretteurs mêlant bottes secrètes et passes d’armes… c’est alors qu’ils entendent dans une pièce voisine des pleurs et des lamentations. Ils se renseignent auprès du tavernier qui leur amène une jeune femme s’appelant Lotus et son père le vieux Jin : tous deux sont chanteurs de cabaret. Ils leur content leur désespoir en leur affirmant être victime d’un abus. Le vieux Jin devait unir sa fille à Zheng le boucher et toucher une dote de trois milles sapèques. Somme importante dont il ne vit jamais la moindre pièce. La première femme du boucher renvoya Lotus assez rapidement et avec leur gens allèrent réclamer les trois mille sapèques de surcroît. Comment rembourser une somme jamais versée ? Voilà leur peine !
Lu Da n’a qu’une envie, aider ces personnes dans le désarroi. Rude, brutal et impulsif il ne pense qu’à régler son compte au boucher. Shi Jin et Li Zhong arrivent pour le moment à le dissuader. Les trois hommes préfèrent se cotiser pour permettre la fuite du père et sa fille qu’ils aideront dans leur projet le lendemain. Au petit matin du jour suivant, Lu Da seul se rend à l’auberge retrouver ses deux protégés et couvre leur fuite en évitant que quiconque ne puisse donner l’alarme, le garçon de l’auberge en perdra deux dents au passage. Lu Da se rend ensuite chez le boucher avec une idée en tête… Il lui passe une fausse commande pour la garnison et demande au boucher Zheng d’exécuter lui-même les différentes découpent de viande. Après plusieurs heures de travail devant son client le boucher comprend la supercherie. Lu Da lui envoie les paquets de viande,de gras et de cartilage à la tête. Zheng ne compte pas en rester là, il sort son coutelas et s’en prend à Lu Da. S’ensuit un combat déterminant pour l’avenir de Lu Da et son implication dans le roman, puisque rossant à mort le boucher, il se contraint à l’exil. Fugitif, il court de ville en ville, s’arrête à Yan-Men où par un grand hasard il retrouve le vieux Jin.

Commentaires :

Shi Jin en plus d’avoir recours aux armes et être un expert réputé et respecté dans sa discipline, a également recours à la stratégie.
Lorsqu’il reçoit la première semence émanant des troupes à l’extérieur de sa propriété, Shi Jin propose de livrer ses amis, évidement il n’en a aucune intention. Cette manœuvre suscite chez ses opposants un léger relâchement. L’incendie planifié de l’arrière de son propre manoir attire les troupes préfectorales sur l’arrière, débloquant ainsi la porte principale. Les portes s’ouvrent, les preux sortent et la débandade des ennemis commencent.
Shi Jin montre de cette façon sa propension à exercer des manœuvres stratégiques.

Les notions de détachement et d’émancipation :

Chacun des personnages nobles de cœur du roman sont amenés à perdre une partie ou la totalité de leurs biens matériels, ou des êtres qui leur sont chers.
Le manoir familial avec ses terres rentrent dans ce cadre. Mais pour le Dragon Bleu s’est aussi un moyen d’affirmer qui il est vraiment, sortir de sa mue pour partir à l’aventure.
Déposer leur passé, sans néanmoins l’oublier, se détacher et ainsi s’émanciper d’éléments importants de leur vie tels seront les conditions pour entrer dans la bande des « marais et des lacs » et atteindre « la citadelle des méandres » !
Lu Da lui aussi est amené à fuir, à quitter ses fonctions et sa vie établie. Malgré son aspect brutal, il porte en lui cet esprit chevaleresque propre au roman, sauver la veuve et l’orphelin, en l’occurrence il s’agit de mette hors de danger le père et la fille.

Rapport avec « les trente-six stratagèmes chinois » :

Les stratagèmes militaires chinois sont regroupés dans un livre qui en dénombre trente-six. Classés par six dans six groupes, sont relevées les positions de victoire, de contre-attaque, d’assaut, de mêlée, d’impasse et d’échec.
Shi Jin et ses compagnons, encerclés se trouvent en position d’échec. Il faut ruser « en recourant à deux ou à plusieurs astuces ». Le nom du stratagème n°35 amène à un rapprochement de la situation vécue par Shi Jin et ses amis.

Sur le site de l’association TaoYin Ouistreham il porte le nom de « stratagèmes entrelacés ». Merci aux auteurs du site pour la mise à disposition de ce document :

http://www.taopratique.fr/wp-content/uploads/Les_trente-six_strategies.pdf

Ce chapitre permet de découvrir deux nouveaux personnage principaux du roman.

- Lu Da qui prendra le nom de Lu Zhi Shen, le bonze tatoué, 13ème dans la liste des 36 astres célestes.
- Li Zhong, tueur de tigre, 50ème dans la liste des 72 astres terrestres.

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