Bâton chinois, présentation

, par  Emmanuel

Support du mouvement, ainsi que de l’assise et de l’élévation corporelle, instrument permettant la liaison entre la Terre et le Ciel, mère de toutes les armes classiques, autant de qualificatifs possibles pour le bâton chinois et sa pratique.

Une école de bâton dans le San Yiquan

L’apprentissage des formes de bâton se matérialise presque comme un programme d’école : salutations, préparations anatomique, respiratoire, intentionnelles, exercices en solo, à deux ou à plusieurs, mise en application des formes symboliques liées aux cinq éléments après leur étude préalable, liaison et union des 3 grandes formes (taos), fusion des cinq éléments à travers la forme d’interne.

Le ou les salut(s)

Les différentes salutations s’opèrent envers l’environnement proche comme lointain de la pratique.
- Prise en considération du Ciel et de la Terre par un mouvement d’élévation puis d’assise.
- Salut à la pratique.
- Salut à l’instrument de pratique : le bâton.
- Salut au lieu de la pratique.
- Salut entre pratiquants.
- Retour de salutation avec l’être humain entre le Ciel et la Terre.
La pratique se qualifie de classique, et les saluts n’ont nul besoin de justification, il sont, tout simplement. Dans la vision chinoise toute chose se doit d’être pragmatique pour exister et continuer de se réaliser, tout en étant en accord avec la pensée chinoise. La notion de respect s’invite également dans le procédé de salutation.

La préparation

L’échauffement a pour but de préparer le corps en profondeur afin d’éviter les risques de lésions à court, moyen et long terme. Les zones articulaires et musculo- tendineuses mobilisées, ainsi que les influx nerveux et respiratoires engagés permettent de limiter et d’amoindrir ces risques.
Les trois parties de la colonne vertébrale, lombaire, dorsale, cervicale sont mobilisées, puis les épaules, coudes, poignets, mains et doigts. Les membres inférieurs des hanches, en passant par les genoux, chevilles, pieds jusqu’aux orteils sont également utilisés dans des phases d’extension, de flexion et de torsion.

Bâton du Paysan

La coordination avec un ou plusieurs partenaires intervient après la répétition de mouvements en solo et en déplacements. Cette approche se nomme le "Bâton du Paysan". Les exercices qui en découlent permettent de renforcer nos sensations d’équilibre dans l’espace, d’être dans un rythme de coordination avec nos différents partenaires. Apprendre à aller vers l’autre à travers des joutes rend capable les pratiquants de naturellement se protéger et de rebondir sur une éventuelle agression, sur un simple déséquilibre corporel ou psycho-affectif.

Bâton des Cinq éléments

La mise en pratique des Cinq Éléments (Terre Métal Eau Bois Feu) voit le jour avec les formes du Bâton du Guerrier et du Sous-Officier. Se donner la possibilité d’étudier et de jouer à enchaîner les données psycho-corporelles des Éléments avec partenaires — que sont le renforcement du moi profond pour la Terre, l’ instinct de décision pour le Métal, la prudence et sa sagesse pour l’Eau, le courage pour le Bois, et la créativité et le plaisir pour le Feu — amène à une multiplicité de situation suivant nous-même, les différents moments de la journée, et des partenaires ou personnes que la vie nous amène à rencontrer.

Les formes de la Mante Religieuse

Les trois grandes formes ou tao comportent chacune d’elle soixante-douze mouvements. L’espace de pratique est utilisé dans les quatre directions, les postures des animaux utilisées se basent à nouveaux sur le chiffre cinq avec l’ours, le héron, le singe, le tigre et le léopard. Les techniques sont spécifiques au style de la Mante religieuse des sept étoiles du Nord. Ces taos permettent avec tonicité d’entretenir le corps, les sens et l’attention. Plusieurs années et la régularité des pratiquants nécessitent leur apprentissage.

La forme de Bâton de l’Interne de Yue Fei

La forme fondatrice de l’école, celle du général Yue Fei (1103-1142) protecteur des frontières de la Chine sous les Song, remonte au 12ème siècle de notre ère. Les mouvements présentés devaient permettre au général de commander le mouvement de ses troupes grâce à un système d’étendard fixé sur sa lance. Aujourd’hui cette forme d’Interne se pratique avec un bâton et permet comme pour la forme du guerrier un apprentissage des cinq éléments pour une fusion de ceux-ci en un mouvement générateur d’énergie.